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L'Etat interpellé sur la nécessité de garantir une présence médicale suffisante sur l'île

 

Les territoires ruraux souffrent d’une accessibilité aux soins inférieure à la moyenne nationale. Ces territoires sont appelés « zone blanche », c’est-à-dire qu’ils sont situés à plus de trente minutes d’accès d’un service médicalisé d’urgence et de réanimation.

Lors d’un rapport établi en 2009, le Centre National de l’Expertise Hospitalière (CNEH), avait relevé que « malgré ses atouts et le pont qui la relie au continent, l’île de Noirmoutier peut être amenée à connaître les mêmes difficultés que les zones rurales plus isolées. De plus, en raison de son éloignement des centres hospitaliers régionaux et départementaux, l’île est située en zone blanche, c’est-à-dire à plus de trente minutes des urgences hospitalières, en terme de couverture et de prise en charge des urgences ».
Malgré les différentes alertes lancées par la Communauté de Communes à ce sujet, l’Agence Régionale pour la Santé n’a pas encore classé le territoire insulaire en zones fragiles médicalement parlant, considérant que le nombre de médecins sur l’île est suffisant par rapport au nombre d’habitants. Mais c’est sans prendre en compte l’âge des médecins et des futurs départs à la retraite !

Afin d’étayer la thèse du territoire fragile, la Communauté de Communes a commandé une étude auprès de l’Observatoire Régional de la Santé (ORS) permettant ainsi de démontrer que les besoins de soins en médecine générale sur le territoire de l’île de Noirmoutier sont très importants et spécifiques, et impactent fortement le volume et les caractéristiques de l’activité des médecins généralistes de l’île, du fait :

  1. de la forte proportion  des personnes âgées recensée sur l’île : 33 % contre 18 % dans les Pays de la Loire,
  2. de l’importance de la population des résidents temporaires qui en moyenne sur l’année double la population recensée, sachant que les consultations et visites réalisées par les médecins généralistes sur l’île pour des résidents temporaires, représentent 23 % de leur activité annuelle,
  3. de l’éloignement des médecins spécialistes (hors médecine générale) et des services d’urgence.

Cette étude démontre aussi un surcoût d’activité plus élevé que sur le plan national non seulement en juillet-août mais également au printemps.

Ce diagnostic relève également des volumes d’activités de 6 300 actes en moyenne pour l’année 2015 par praticien sur l’île de Noirmoutier, soit 60 % des médecins îliens ayant dépassé le seuil de 6 000 actes, soit deux fois plus que la moyenne française.

Il est essentiel de noter que la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DRESS), souligne dans un dossier consacré aux déserts médicaux en juin 2017, que le seuil de 6 000 actes est considéré comme étant celui « qu’il n’est pas souhaitable de dépasser dans la durée ». Fait probant pour considérer la grande difficulté médicale dans laquelle se trouve l’île de Noirmoutier !

La fracture médicale est une réalité pour un nombre croissant de français et l’installation de jeunes médecins dans les territoires ruraux est un facteur déterminant de réduction de cette fracture. Afin d’encourager ces jeunes praticiens à s’installer dans ces territoires, le gouvernement a mis en place une mesure permettant aux jeunes internes de bénéficier d’une bourse en contrepartie d’un engagement d’installation dans une zone sous-dotée, par le biais de Contrats d’Engagement de Service Public (CESP).

Des jeunes médecins ont exprimé leur volonté de s’installer sur l’île de Noirmoutier, mais contraints par leur engagement avec l’État pendant leurs études, dans le cadre du CESP, ils sont obligés de renoncer à cette installation du fait du classement du territoire insulaire en territoire non déficitaire !

Fort de ces différents constats, les élus communautaires ont adopté une motion lors du Conseil Communautaire du 6 juillet dernier, afin d’alerter le Ministre de la Santé et l’ARS des Pays de la Loire de la situation médicale particulièrement complexe sur l’île de Noirmoutier, situation qui justifie amplement son classement en zone sous-dotée afin de permettre notamment aux jeunes médecins ayant bénéficié d’un CESP avec l’État de s’installer sur le territoire insulaire.

Les Sénateurs de la Vendée, le Député de la 3ème circonscription, la Présidente de la Commission Permanente des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale seront également saisis de cette question.

 

La santé sur l’île de Noirmoutier doit être une priorité pour l’État !